mardi, juin 16, 2009

Communales : La bataille des grandes villes !

Le ministère de l’intérieur a enfin révèle les détails des résultats par région sur son site. J’imagine, qu’un peu partout au Maroc, aussi bien dans les QG des partis que dans les salons des candidats, pressentis a présider leur communes, le jeu des alliances est lance depuis samedi. Sur ce blog aussi, je vais m’essayer à deviner la carte politique des grandes villes, a savoir celles qui sont tombée sous le coup de l’unité de la ville + Oujda. Pourquoi Oujda ? Un parce que Shmissa, et de deux parce que c’est la seule représentante de la région orientale et aussi parce que c’est une des villes qui peuvent éventuellement être gérées par les islamistes du PJD.

La ville la plus simple à analyser est Fes ou la liste menée par le maire sortant, Hamid Chabat, a obtenu une majorité absolue. Le parti de Allal El Fassi (et de Abass aussi) dirigera Fes, advienne que pourra.

Agadir permettra certainement à l’USFP de sauver le peu d’honneur qui lui reste. Le parti de la rose, qui a subie une véritable déculottée dans l’ensemble des grandes villes (7 sièges a Casablanca et Fes, 6 a Rabat, et aucun siège dans les autres villes, même pas Marrakech), parviendra certainement a garder la mairie de la capital du Sous. Tariq Kabbaj, le maire USFP sortant n’aura certainement pas de mal a convaincre les élus du parti travailliste (Benatik) de rejoindre sa majorité.

Pour les autres villes, mes supputations se basent sur des scenarii politiquement logiques : c'est-à-dire des alliances construites uniquement sur la base des affinités politiques existantes ou possibles entre les différents partis. Ces affinités peuvent être idéologiques : genre, alliances partis de gauche, alliance de partis conservateurs/droite. L’autre moyen c’est de penser que la coalition gouvernementale sera reproduite au niveau locale. L’opposition actuelle étant hétérogène (islamistes, PAM, extrême gauche, droite libérale…), il n’y aurait donc aucun sens à la considérer comme une coalition.

Dans cette configuration, l’ arbitre qui émergera du lot sera le RNI. En effet, le degré de solidarité du RNI avec ses amis de la coalition gouvernementale déterminera le sort de plusieurs villes. En d’autres termes, la question a se poser est ce que le RNI fera front contre le PAM ou pas.

Scenario 1- Un RNI solidaire d’un coalition menée par PAM avec UC et Haraka

Un premier scenario supposera ainsi que le RNI, qui a beaucoup flirté (des flirts très poussés même) avec PAM, ne refusera pas de soutenir des majorités ou le PAM sera leader. Ainsi, on pourra voir émerger une alliance naturelle : PAM, RNI, UC, Haraka (des partis aux accointances pas du tout cachée avec le makhzen).

Cette coalition pourra ainsi jeter son dévolu sur le reste des grandes villes : Casablanca, Rabat, Marrakech, Meknès, Tanger, Salé, Oujda (avec l’aide de quelques istiqlaliens). De plus ce scenario fera le bonheur des maires sortants : Sajid a Casablanca, Sentissi à Salé, Jazouli a Marrakech. Les amis de l’ami du Roi pourront s’adjuger les mairies de Rabat, de Meknès et d’Oujda. Le RNI se retrouvera avec la mairie de Tanger.

Mais cette hypothèse jettera certainement un coup de froid entre le RNI et ses copains dans le gouvernement, et fragilisera d’avantage une fratrie aussi faible que non naturelle. LE RNI aura cependant une excuse en béton : La majorité gouvernementale ne décrochera aucune mairie !

Scenario 2 – L’opposition gouvernementale – sans le PAM- solidaire pour reiterer le coup de Casablanca en 2003

Les islamistes quant a eux, devront prier tout jour et nuit pour que la fidélité du RNI avec la majorité gouvernementale reste intacte voir renforcée. Car seul un RNI refusant de s’allier au PAM permettra aux islamistes de rentrer en lice pour la bataille des mairies.

La bataille de Casablanca sera certainement la plus déterminante. Reconduire la coalition casablancaise (PJD, UC, Haraka) et non seulement logique –trois partis de l’opposition- mais elle permettra a chacun de ces partis d’obtenir des mairies importante : Casablanca pour les islamistes, Marrakech pour l’UC, et Sale pour les Harakis. Même si Le PJD partage la pole position à Rabat avec les Haraki, les islamistes abandonneront certainement la capitale a Bahraoui en échange d’un coup de main sur la symbolique Meknès. Oujda et Tanger deviendront certainement islamistes si le PJD fait des promet plus de petites villes (Taza-Beni Mellal…) a ses copains Harakis. De plus le prix à payer pour garder Rabat sera certainement très grand.

Cela dit, cette coalition n’est pas aussi forte que la première. Elle devra compléter sa majorité avec, soit des transfuges (notamment les SAP ou les tout petits partis), soit en s’appuyant sur soit le RNI, soit l’Istiqlal, en contrepartie de renvoie d’ascenseur sur d’autres communes.

Reprenons donc avec un tableau plus clair

Villes

Scenario 1 :
PAM, RNI, UC, Haraka

Scenario 2 :

PJD – Haraka –UC

Casablanca

UC

PJD

Rabat

PAM

Haraka

Sale

Haraka

Haraka

Marakech

UC

UC

Fes

Istiqlal

Meknes

PAM

PJD

Tanger

RNI

PJD

Agadir

USFP

Oujda

PAM

PJD

Notons également les performances de certains partis sur d’autres villes dont le sort est pratiquement scellé.

Kenitra

PJD

Al Hoceima

PAM

Tiznit

PPS

Mohammedia

RNI (avec USFP)

Tétouan

RNI (avec USFP)

Layoune

Istiqlal

Malheureusement, le plus probable, c’est que les alliances, obéiront certainement a des facteurs plus mercantiles. Tout le monde sait comment certains conseillers monnaient au prix fort leur allégeance, en dehors de toute consigne venue de leurs partis. La discipline partisane fera certainement défaut a un grand nombre d’élus qui ont reçu l’appui (Tazkiya) que les partis eux même ont monnayé. De plus, les élus petits partis et les SAP (peu nombreux certes) risquent fort bien de fausser les calculs. Ces derniers auront encore moins de remords à faire monter les enchères.

Qui vivra verra

lundi, juin 15, 2009

resultats des election : un grand gagnant, le PAM, Un grand perdant, La gauche ...

Trois jours après les élections communales, difficile de trouver des chiffres intéressants a se mettre sous le clavier. On le sait, Le parti de Fouad El Himma à opérer un vrai raz de marrée au vue du mode de scrutin. Plus de 6000 sièges que le PAM doit à la confiance de plus de 1,2 millions de marocains. Difficile toute fois d’analyser ce chiffres : présence régionale, répartition par mode de scrutin, Répartition des élus … on ne sur combien de ville et de villages le PAM pourra jeter son dévolu. Une chose est sur, El Himma sera maire de la ville de Benghrir ou l’ami du roi a réussi à faire passer 30 de ses colistier (pour 35 sieges) … C’est statistiquement impressionnant. En tout cas, le PAM aura été la machine électorale la plus efficace, avec un taux de réussite qui dépasse les 35%. En couvrant la totalité des circonscriptions électorales, le PAM aurait pu opérer une véritable razzia sur les conseils communaux du royaume. Chose importante a noter, le PAM n’est pas si nouveau ne que cela. En comptabilisant les chiffres réalisés par les 5 partis qui ont en former l’ossature, on se rend compte que déjà en 2003, les ancêtres du PAM était en 5eme position, et que les chiffres consolidés de 2007 placent le PAM comme la première force politique du royaume.
Le deuxième chiffre significatif est certainement le quasi débâcle du PJD. Ce parti progresse certes de manière significative par rapport au suffrage local précédent (2003), mais rappelons nous que le parti de Benkirane s’était fait tout petit a l’époque a cause des attentats du 16 mai. En présentant plus de 8000 candidats, seuls quelques 1500 barbus officieront dans les conseils communaux. En finissant a la sixième position, Le PJD n’a impressionne ni par sa campagne électorale, ni par le nombre d’élus, ni par les 460 000 voix obtenus ni par un taux de réussite de 17%. Par contre, je serais curieux de connaitre le classement du PJD dans les grande agglomérations ou il est fortement présent. Benkirane affirme que son parti est en tête dans la plus part des grandes villes.
Enfin, troisième chose à retenir, c’est la débâcle de la gauche marocaine. L’USFP a perdu la confiance de prés de 300 000 électeurs entre 2003 et 2009. En terme de nombre de siège, il obtiendra une centaine en moins (sachant qu’il y a eu plus de 5000 siège en plus dans le présent découpage). A Périmètre comparable, le parti de la rose sort de ces élections, avec le MP, comme le grand perdant. L’USFP ne gérera probablement aucune des grandes villes, peut être même pas des villes de taille moyenne. Le petit Frérot communiste, le PPS, perd lui aussi des voix et des sièges.
Je profite de cette occasion pour déplorer le travail de nos chaines publiques pour avoir aussi lamentablement échoué a offrir des analyse digne de l’importance de ce scrutin dans le consécration de la marche démocratique du pays . (Je sais, j’ai regarde trop de RTM ce week-end). Walou, ni graphiques, ni analyses, ni comparatifs … une succession de chiffres qu’on a additionné pour faire un classement des parti. Les sites dédiés aux élections de la MAP et du ministère de l’intérieur sont une véritable honte technologique.
Un dernier petit mot sur le taux de participation qu’on a réussi à porter a 52,4 %, et cette grâce, de l’aveu même de Chakib Benmoussa, quasi uniquement a un réaménagement des listes électorales qui a permis de réduire la base des votants de plus de 3 millions de personnes. Les partis politiques ont tout de même réussi à faire déplacer plus de 1,3 millions de marocains en plus, accapare quasi exclusivement par le PAM et l’Istiqlal. Tiens l’Istiqlal qui malgré Abass, A réussi à tirer son épingle du jeu.

J'ai essaye, dans grande pretention d'avoir de regroupper les chiffres dont je dispose pour donner peut etre une meilleure lecture des resultats et de la preogression des 8 partis en tete

Apercu des resultats des trois dernier suffrages


Progressions









* : les statistiques du PAM ont été recrées en consolidant les chiffres des 5 partis ayant formés l’ossature du parti : le Parti al ahd, le Parti de l'environnement et du développement, l'Alliance des libertés et le Parti initiative citoyenne pour le développement al Moubadara.
** : les statistiques de Al Haraka pour les communales de 2007 ont été recalculées en fonction des réalisations de trois partis qui ont fusionnés : MNP, le MP et l’UD
1 : nombre d’elus par rapoorts au nombre de candidats
2 : les 5057 sièges issus du nouveau découpage électoral.
3 : les 1.3 millions de votants de plus enregistre en 2009 par rapport a la participation enregistree en 2007.

lundi, juin 01, 2009

Elections communales : C’est parti !!!!!! Enfin, je crois

Ce week-end a connu le lancement officiel de la campagne électorale pour le scrutin communal du 12 juin prochain. On ne le rappellera jamais assez sur cet espace, dans deux semaines, plus de 13 millions de marocains sont censés élire leurs représentants dans les différentes collectivités locales du Royaume.

Au fait c’est tout un marathon électoral qui a déjà commencé il y a quelques semaines déjà avec l’élection des représentants des salaries dans les entreprises Marocaine, et se poursuivre avec les élections professionnelles aussi (chambres de commerce, d’artisanat, de la pêche, d’agriculture…). Tous ces élus, devront designer parmi eux des présidents, vice-présidents, assesseurs, et autres membres dirigeants de ces structures de représentation professionnelles et populaires. Toute dernières étape, Ce beau monde devront designer ceux de leurs pairs qui auront l’ultime privilège de siéger pendant les 9 prochaines années a la chambre des conseillers.

Pour l’occasion, j’ai fait un petit tout pour voir ce que notre chère trentaine de partis politiques nous ont préparé pour l’occasion.

USFP : Le grand Walou Aerien, comme si ce parti n’était pas du tout concerne par le suffrage.

PPS : Pour un parti qui on s’accapare la communication gouvernementale, le constat est désastreux !

PJD : Les barbus se sont endormis sur leurs lauriers … Jadis pionnier dans la communication via le Web, le site du parti est pauvrement documenté sur le sujet des élections 2009.

Istiqlal: Le site du parti de Allal El Fassi reprend verbatim la conférence de presse donne par les dirigeants du parti pour présenter le programme de l’Istiqlal pour les élections communales. Sinon, aucune trace de ce fameux programme électoral détaillé sur le site.

PAM : Le nouveau parti d’opposition de Ali El Himma veut révolutionner la pratique de la politique au Maroc, je veux bien le croire. En tout cas le parti du tracteur n’a aucune ambition pour révolutionner la communication politique ! son site (c’est plus un blog qu’un site) se contente de reprendre les communiqués du parti. Mais attention, il s’agit d’un site provisoire… A quand le site définitif, après les élections 2012 ????

RNI : j’ai failli être bluffé par le site du RNI. Dès la page d’accueil, je tomber sur ce qui ressemble a un véritable programme électoral (a la marocaine bien sur). Mais en faisant plus attention, on se rend compte que le RNI a une élection de retard … c’était le programme électoral pour les législatives 2007 ! ( au passage notons que le RNI ne se sont meme pas donne la peine de se payer le nom de domaine RNI.ma : http://www.alchimie.ma/rni/rni/ar/index.aspx)

Mise A jour (1 juin) : je retire ma dernière phrase , le RNI possède bel et bien a nom de domaine RNI.ma , qui redirige vers l'adresse sus mentionnée ...A priori, le parti de la colombe, a du se rattraper durant le week-end( ou alors je n’avais pas vu cela la première fois) pour mettre en ligne son programme nationale pour les élections communales


MP : bizarrement, le seul parti a avoir mis en place une véritable plateforme Web pour le scrutin du 12 juin sont les Harakis. Précisions cependant que cette plateforme est plus destinée aux candidats MP qu’aux électeurs. Les candidats MP peuvent ainsi y télécharger tout le matériel de campagne : un guide juridique, un guide pratique, des brochures, les logos et autres hymnes du parti de l’épi. On y retrouve même le portable de M’hand Laanser J

Les autres partis politiques, en tout cas ceux qui ont de sites webs ne sont pas plus brillants. A croire que personne ne croit encore dans les vertus de la communication via le web … ou en la communication tout court.

Au niveau Personnels, c'est-à-dire celui des candidats, Il y a q peine quelques uns qui ont tenté l’aventure du web pour se faire connaitre et faire connaitre le programmes de leurs partis. La capitale du Souss sort du lot avec deux candidats qui ont lancé leurs blogs, le maire sortant Tarik Kabbaj (USFP) qui vient de se découvrir une vocation blogomatique récemment, et Brahim Zerkdi, députe MP et candidat aux communales, qui, tient – maintient-un blog/site lance a la veille des législatives 2007. Driss Lachgar tient aussi un espace depuis avant les élections 2007. Khalid Hariri, lui relaisse tomber son blog pour la deuxième fois ! Hamid Chabat, le tonitruant maire de Fès vient quant à lui de mettre le pied à l’étrier

Une chose est sure, la bataille électorale ne sera pas virtuelle. Les partis vont certainement mettre le paquet sur les capsules télés et les meetings politiques et les brochures qui vont inonder nos rues et nos boites aux lettres. Les candidats vont enrôler les jeunes voyous des quartiers populaires, qui deviendront, pour une paire d’espadrille, un-t-shirt, un sandwich et 50 dirhams, des porte-voix des partis, et accessoirement, des gardes corps et agents de sécurités le temps d’une campagne.

Enfin, pour finir, Oummou Al Wizarat, régressé fortement cette année. Le ministère de l’intérieur nous avait habitue a mieux comme plateforme web pour accompagner les élections. Cette année, on a droit au minimum syndical, pas plus.