mardi, juin 28, 2011

Je penserai très fort au 'NON" lorsque je ne voterai pas vendredi !


Alors comme cela, il semblerait que pour dire « NON »  au projet de constitution proposée par le Roi, il faudra s’abstenir de faire des queue interminable devant les 40 000 bureau de votes mis à la disposition du future citoyen marocain. Même si je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette démarche  (je l’expliquerai cela certainement dans un prochain poste), j’adopte, un peu malgré moi – car on vote pour faire gagner un camp face à un autre- la posture abstentionniste : Vendredi, je penserai très fort au « NON » lorsque je n’irai pas voter.
L’enjeu pour le régime, il l’a bien montré, c’est de pouvoir pavoiser avec un taux de participation défiant le ridicule. Si tel est le choix du régime : mon choix de citoyen aspirant à une véritable démocratie c’est de faire barrage à ce raz-de-marée  avec lequel on veut nous submerger. 
Je n’ai donc pas honte à me joindre aux acolytes de Noubir El Amaoui et de Nadia Yassine. Je n’ai pas honte de servir les mêmes objectifs  que des formations politiques dont le programme ne me parle pas forcement.  Je n’ai  pas honte de me glisser dans les statistiques des mamsouwkinch, des malades, de ceux qui sont en vacances … i
L’objectif (la bataille du referendum est déjà perdue) c’est de faire rater au régime la danse du paon qu’il s’apprête à exécuter le soir du referendum.

dimanche, juin 19, 2011

Projet de constitution : un contrat loin d’être bétonné

48h après le discours « historique » du #17juin (est-il plus ou moins historique que celui du #9mars ?), j’ai encore du mal a gober la pilule qu’on s’efforce de me faire avaler depuis deux jours a coups de précampagne propagodo-référendaire. 


Je ne reviendrai pas sur le processus d’élaboration de ce projet. Le début et la fin du processus sont loin de l’esprit démocratique qui devait prévaloir : on est bel et bien devant le projet de reforme de la monarchie, et non devant un texte collaboratif, nonobstant les grandes capacités d’écoute de l’équipe d’experts de Mennouni. 

Soyons claires, le texte proposé n’est pas si mauvais que cela… Sur plusieurs aspects, je le trouve vraiment « bien », notamment su certains droits de citoyens, sur l’aspect linguistique et culturel et sur le nouveau rôle constitutionnel de l’opposition parlementaire. Par contre d’autres points ne correspondent pas du tout à mon espoir de voir le Maroc mettre les pieds dans un processus de « laïcification » de la société Marocaine. Mais disons que les deux premières partie du projet (préambule compris) sont une mise à niveau très correctes de l’architecture institutionnelle du pays avec une emprunte conservatrice assez visible. 

Mais le cœur de cette reforme n’est pas là a ce que je sache… la nouvelle redistribution des pouvoirs entre la monarchie et les autres pouvoirs était au centre du processus, enclenché par le Roi suite en reponse à la naissance du mouvement du #20fev. 

On est en face de nous un texte pas si mauvais que cela, mais qui lie tout l’architecture à la bonne foi des différents intervenants, et surtout, à l’esprit démocratique du plus fort d’entre eux : le Roi. Tout en gardant une main mise sur le pouvoir religieux et militaire, et -en filigrane- diplomatique grâce au Tarbouch de Amir Al Mouminin à son képi de Chef suprême des armées et sont Statut de chef d’Etat, le monarque garde ainsi un contrôle assez conséquent sur le travail de l’exécutif et s’érige en garant de l’indépendance de la justice. Il s’entoure pour cela d’une myriade d’organisme à créer couvrant tous les secteurs vitaux et stratégiques. Ainsi, le roi continuera nommer le chef du gouvernement (certes du premier parti, mais pas forcement son chef), continuera a nommer les ministres (certes sur proposition du chef du gouvernement)i, présidera les conseil des ministres (éventuellement sur demande du chef du gouvernement, avec possibilité de délégation de pouvoirs), continuera a nommer aux postes civils et économique stratégiques (certes en concertation avec son chef de gouvernement), pourra révoquer ses ministres, dissoudre les assemblées, peut s’adresser aux sujets et aux élus sans que cela fasse débat … enfin, il continuera, s’il lui sied, de faire a peu prêt tout ce qu’il faisait jusque là. 

En face, il aura certes un super premier ministre, érigé au rang de chef de gouvernement, responsable de son programme mais qui doit néanmoins revenir vers le Roi sur l’ensemble des décisions stratégiques ! Sauf, qu’en ne se prononçant pas sur le système de scrutin (donc avec le risque de garder un paysage politique aussi éparpillé et une majorité fragile) et en renforçant le rôle de la l’opposition parlementaire… le chef du gouvernement se retrouve dans avec plus de pouvoir et mais plus beaucoup de contraintes ! 

JE ne vois pas en quoi l’actuel projet de constitution nous préserve d’un scenario à la Abbass El Fassi… sauf en se disant que la monarchie jouera le jeu démocratique pleinement ! Tout le problème est là. 

Samedi sur luxe Radio, je ne sais plus qui disait que le Roi donne les clés des pouvoirs tout en gardant les doubles ! C’est très proche de la réalité, en tout cas comme je la perçois. La question : n’est ce pas un peu naïf de laisser les doubles a un institutions qui a montrer, tout au long les 6 dernières années, qu’elle compte bien utiliser ces clés à chaque fois ce cela lui plait ? 

Pour résumer ma position je partage avec vous une anecdote : je lui pose cette question à un entrepreneur : Serais-tu prêt à travailler avec un client avec qui les choses ne se sont pas tres bien passe avants ? , il me répond, oui, mais je lui demanderai un chèque certifié avant ! Lorsque la confiance ce perd entre, il vaut mieux avoir un contrat bétonné ! 

Je ne pense tout simplement pas qu’on me propose un chèque certifié avec ce projet de constitution. 

Et puis, faillait il vraiment ce « Je dirai donc OUI à ce projet » … et puis que vient faire le Sahara dans tout cela ?, et puis fallait-il vraiment rameuter les troupes des partis pour les inviter à faire campagne pour le « oui »… et puis ce verset de coran : « "Dis : "Voici ma voie, j'appelle les gens (à la religion) d'Allah, moi et ceux qui me suivent". ». Pourquoi cette recherche effrénée du plébiscite populaire ? Pourquoi vouloir se diriger à des résultats qui vont nous rappeler une ère que nous voulons révolue ? 

Nous avons encore 10 jours avant de nous prononcer ! J’espère sincèrement que l’on m’aidera à me faire une idée juste et sincère sur ce projet et sur ses implications ! 

Je rechercherai durant ces 10 jours des signes de bonne foi du régime ! 


vendredi, juin 10, 2011

Allons-nous avoir une campagne référendaire démocratique ?

L'appel de Mamfakich pour une campagne référendaire démocratique, sous le thème NOUSS-NOUSS, m, a poussée à me poser deux question : qu'est ce qu'une campagne référendaire ? Et comment la rendre démocratique ? Après quelques recherches et réflexion, la réponse, est ma foi, pas si évidente que cela : car il faut répondre à un certain nombre de question subsidiaires :

  • Qui prend part à cette campagne ? et surtout qui n'est pas censé y prendre part !
  • Qui la contrôle ? et qui contrôle celui qui contrôle J
  • Quels sont les supports admis ? quels sont les supports contrôles ? par quel moyen ? et quelles sont les sanctions prévues ?
  • Qui finance la/les campagnes ?

Le débat devient encore plus pertinemment lorsqu'on parle de masse medias ! Et surtout du media Massu : la TV et dans une moindre mesure la radio. Cernons le débat à l'audiovisuel publique.

Je ne me leurre pas : depuis le démarrage de toute cette histoire les communicants de ce pays n'ont pas fait preuve d'une réelle volonté de démocratiser l'espace médiatique. Je ne vois pas pourquoi ca changera dans les semaines à venir !


 

Il y aura sans doute 4 niveaux de campagne. Au régime de prouver qu'il capable de jouer franc jeu sur les 4 tableaux ! Il a déjà perdu sur le premier !


 

  • La précampagne électorale : grosso modo, ce qu'ont vit maintenant, avec tous ces débats. Le principe, c'est que le medias publiques assures une certaine équité dans le traitement de l'information et distribue le temps de parle entre les différents intervenants. La aussi. Les différentes écoles parlent plutôt de principe d'équité, plutôt que d'égalité. Mais, ni la RTM ni 2M, ni les medias privés ne semblent connaitre ces notions !


     

  • La « campagne officielle »  sur les medias publiques : par campagne officielle, je parle de ces capsules insipides qui nous sont servis, et des apparitions « officielles » des représentants des partis politiques prenant part à la campagne. Les règles du jeu sont claires : seuls les partis politiques (les syndicats, et dans certains cas les groupements politiques) ont droit de cité. Sur ce tableau : les acteurs sont connus : Les TV et radio publiques comme support de communication, les partis (généralement avec un filtre de représentation, du genre, partis représentées au parlement, nombre minimum d'élus…) comme communiquant et la l'équivalent de notre HACA comme régulateur.


     

    Les sages de Ghazali et son beau-fils de directeur général devront proposer ,imposer et contrôler deux choses :

  1. la durée de la campagne officielle (Dans un pays comme la France, elle se situe à deux ou trois heures par media)
  2. La répartition du temps d'antenne entre les partis : cette dernière se base sur comme la représentativité des partis dans le parlement, le nombre de voix …

Le souci avec la campagne officielle, avec le beniouiouisme ambiant, c'est que je vois mal qui des partis officiels défendra le « Non » … ou comme le PS à l'époque de du referendum sur la constitution européenne, partagera son temps d'antenne entre les différents courant en son sein.

Donc ont aura forcement, droit à des capsule aussi insipides et indigeste que lors des élections, sauf que cette fois, tout le monde chantera la même chanson.

Le PSU, Le CIN, PADS, devraient récolter quelques miettes de ce gâteau ! À eux d'en faire bon usage ! Des partis comme l'USFP peuvent, par soucis démocratique, offrir leur temps d'antenne à des tenant du « non » dans leurs rang !

Il n'est pas concevable de demander du Nous-Nouss, espérons qu'on aura simplement quelques goutes de lait dans un café qui sera bien corsé !

Une question : dans cette campagne officielle, est ce que l'intérieur, dans le cadre de sa traditionnelle campagne pour inciter les gens à participer sera neutre ?

Une autre question : est ce que le Roi fera campagne pour sa proposition ?

  • Les débats et les émissions : 

    C'est sur ce terrain que tous les dérapages seront permis, et surtout tolérés. On a vu le traitement de toute l'actualité autour du #20fev, j'ai du Mal à imaginer des plateaux TV, des JT, des reportages, des émissions, sans un fond de propagande pour le « Oui ». Comme lors des premiers débats post #9mars, on décorera des plateaux avec des militant du « NON » ou encore de l'abstention… mais sans plus.

    En France, les recommandations du CSA (le copie originale, non déformé de la HACA) aux operateurs appellent à de l'équité, et non de l'égalité.

    La encore, même en voulant rester démocratique, je ne pense pas qu'il faille faire du fifty-fifty, mais au moins veiller à ce que les autres courant de penser puisse avoir accès au medias, et que leurs messages ne soient pas manipulé, diabolisé, ou déformé


     

    Cela dit, la famille régnante à la HACA devrait nous éclairer rapidement sur les règles du jeu !

    Si on se base sur les principes avec lesquels le HACA a géré les élections 2007 et la manière avec laquelle elle a veillé au respect du pluralisme dans la PAM (le paysage, pas le parti), la loi prévoit une véritable neutralité des medias publiques et surtout, un temps de parole largement en faveur des partis de l'opposition et ceux non représentés au parlement, avec 60 % du temps de parole de la campagne officielle. A repartir il est vrai, entre plus d'une vingtaine de partis.


     

    DÉCISION DU CSCA N° 14-07 DU 25 MAI 2007 RELATIVE À LA GARANTIE DU PLURALISME POLITIQUE PENDANT LA PÉRIODE DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES GÉNÉRALES (2007) DANS LES MEDIAS AUDIOVISUELS.


     

    RECOMMANDATION DU CSCA N° 01-07 DU 11 joumada II 1428 (27 juin 2007)

    AUX OPERATEURS AUDIOVISUELS PUBLICS ET PRIVES

    A L'OCCASION DES PROGRAMMES DE LA PERIODE ELECTORALE


     

    Le résultat de ce monitoring de la HACA est sur ce rapport.


     


     

    La campagne dans la Rue :

    Cela ira du traditionnel Meeting politique, aux débats, aux réunions, au porte à porte. La encore, certains seront tentés de limiter cela aux partis politiques : se serait une erreur fatale pour la crédibilité du processus de reforme. Si comme le prétendent beaucoup, le « oui » l'emporte haut la main, pourquoi s'emmerder avec ces gueux nihilistes qui crachent sur la soupe qu'on leur offre : laissez les se heurter violement à la volontee politique du peuple. Sinon, c'est que vos convictions vacillent vachement. Il faut vraiement démocratiser le débat dans la rue afin de permettre à chacun d'exprimer et de ses opinions et de vendre ses arguments, et surtout de se faire entendre par les 13 millions de votants.