mercredi, juin 17, 2009

Communales : La bataille des grandes villes !

Le ministère de l’intérieur a enfin révèle les détails des résultats par région sur son site. J’imagine, qu’un peu partout au Maroc, aussi bien dans les QG des partis que dans les salons des candidats, pressentis a présider leur communes, le jeu des alliances est lance depuis samedi. Sur ce blog aussi, je vais m’essayer à deviner la carte politique des grandes villes, a savoir celles qui sont tombée sous le coup de l’unité de la ville + Oujda. Pourquoi Oujda ? Un parce que Shmissa, et de deux parce que c’est la seule représentante de la région orientale et aussi parce que c’est une des villes qui peuvent éventuellement être gérées par les islamistes du PJD.

La ville la plus simple à analyser est Fes ou la liste menée par le maire sortant, Hamid Chabat, a obtenu une majorité absolue. Le parti de Allal El Fassi (et de Abass aussi) dirigera Fes, advienne que pourra.

Agadir permettra certainement à l’USFP de sauver le peu d’honneur qui lui reste. Le parti de la rose, qui a subie une véritable déculottée dans l’ensemble des grandes villes (7 sièges a Casablanca et Fes, 6 a Rabat, et aucun siège dans les autres villes, même pas Marrakech), parviendra certainement a garder la mairie de la capital du Sous. Tariq Kabbaj, le maire USFP sortant n’aura certainement pas de mal a convaincre les élus du parti travailliste (Benatik) de rejoindre sa majorité.

Pour les autres villes, mes supputations se basent sur des scenarii politiquement logiques : c'est-à-dire des alliances construites uniquement sur la base des affinités politiques existantes ou possibles entre les différents partis. Ces affinités peuvent être idéologiques : genre, alliances partis de gauche, alliance de partis conservateurs/droite. L’autre moyen c’est de penser que la coalition gouvernementale sera reproduite au niveau locale. L’opposition actuelle étant hétérogène (islamistes, PAM, extrême gauche, droite libérale…), il n’y aurait donc aucun sens à la considérer comme une coalition.

Dans cette configuration, l’ arbitre qui émergera du lot sera le RNI. En effet, le degré de solidarité du RNI avec ses amis de la coalition gouvernementale déterminera le sort de plusieurs villes. En d’autres termes, la question a se poser est ce que le RNI fera front contre le PAM ou pas.

Scenario 1- Un RNI solidaire d’un coalition menée par PAM avec UC et Haraka

Un premier scenario supposera ainsi que le RNI, qui a beaucoup flirté (des flirts très poussés même) avec PAM, ne refusera pas de soutenir des majorités ou le PAM sera leader. Ainsi, on pourra voir émerger une alliance naturelle : PAM, RNI, UC, Haraka (des partis aux accointances pas du tout cachée avec le makhzen).

Cette coalition pourra ainsi jeter son dévolu sur le reste des grandes villes : Casablanca, Rabat, Marrakech, Meknès, Tanger, Salé, Oujda (avec l’aide de quelques istiqlaliens). De plus ce scenario fera le bonheur des maires sortants : Sajid a Casablanca, Sentissi à Salé, Jazouli a Marrakech. Les amis de l’ami du Roi pourront s’adjuger les mairies de Rabat, de Meknès et d’Oujda. Le RNI se retrouvera avec la mairie de Tanger.

Mais cette hypothèse jettera certainement un coup de froid entre le RNI et ses copains dans le gouvernement, et fragilisera d’avantage une fratrie aussi faible que non naturelle. LE RNI aura cependant une excuse en béton : La majorité gouvernementale ne décrochera aucune mairie !

Scenario 2 – L’opposition gouvernementale – sans le PAM- solidaire pour reiterer le coup de Casablanca en 2003

Les islamistes quant a eux, devront prier tout jour et nuit pour que la fidélité du RNI avec la majorité gouvernementale reste intacte voir renforcée. Car seul un RNI refusant de s’allier au PAM permettra aux islamistes de rentrer en lice pour la bataille des mairies.

La bataille de Casablanca sera certainement la plus déterminante. Reconduire la coalition casablancaise (PJD, UC, Haraka) et non seulement logique –trois partis de l’opposition- mais elle permettra a chacun de ces partis d’obtenir des mairies importante : Casablanca pour les islamistes, Marrakech pour l’UC, et Sale pour les Harakis. Même si Le PJD partage la pole position à Rabat avec les Haraki, les islamistes abandonneront certainement la capitale a Bahraoui en échange d’un coup de main sur la symbolique Meknès. Oujda et Tanger deviendront certainement islamistes si le PJD fait des promet plus de petites villes (Taza-Beni Mellal…) a ses copains Harakis. De plus le prix à payer pour garder Rabat sera certainement très grand.

Cela dit, cette coalition n’est pas aussi forte que la première. Elle devra compléter sa majorité avec, soit des transfuges (notamment les SAP ou les tout petits partis), soit en s’appuyant sur soit le RNI, soit l’Istiqlal, en contrepartie de renvoie d’ascenseur sur d’autres communes.

Reprenons donc avec un tableau plus clair

Villes

Scenario 1 :
PAM, RNI, UC, Haraka

Scenario 2 :

PJD – Haraka –UC

Casablanca

UC

PJD

Rabat

PAM

Haraka

Sale

Haraka

Haraka

Marakech

UC

UC

Fes

Istiqlal

Meknes

PAM

PJD

Tanger

RNI

PJD

Agadir

USFP

Oujda

PAM

PJD

Notons également les performances de certains partis sur d’autres villes dont le sort est pratiquement scellé.

Kenitra

PJD

Al Hoceima

PAM

Tiznit

PPS

Mohammedia

RNI (avec USFP)

Tétouan

RNI (avec USFP)

Layoune

Istiqlal

Malheureusement, le plus probable, c’est que les alliances, obéiront certainement a des facteurs plus mercantiles. Tout le monde sait comment certains conseillers monnaient au prix fort leur allégeance, en dehors de toute consigne venue de leurs partis. La discipline partisane fera certainement défaut a un grand nombre d’élus qui ont reçu l’appui (Tazkiya) que les partis eux même ont monnayé. De plus, les élus petits partis et les SAP (peu nombreux certes) risquent fort bien de fausser les calculs. Ces derniers auront encore moins de remords à faire monter les enchères.

Qui vivra verra

lundi, juin 15, 2009

resultats des election : un grand gagnant, le PAM, Un grand perdant, La gauche ...

Trois jours après les élections communales, difficile de trouver des chiffres intéressants a se mettre sous le clavier. On le sait, Le parti de Fouad El Himma à opérer un vrai raz de marrée au vue du mode de scrutin. Plus de 6000 sièges que le PAM doit à la confiance de plus de 1,2 millions de marocains. Difficile toute fois d’analyser ce chiffres : présence régionale, répartition par mode de scrutin, Répartition des élus … on ne sur combien de ville et de villages le PAM pourra jeter son dévolu. Une chose est sur, El Himma sera maire de la ville de Benghrir ou l’ami du roi a réussi à faire passer 30 de ses colistier (pour 35 sieges) … C’est statistiquement impressionnant. En tout cas, le PAM aura été la machine électorale la plus efficace, avec un taux de réussite qui dépasse les 35%. En couvrant la totalité des circonscriptions électorales, le PAM aurait pu opérer une véritable razzia sur les conseils communaux du royaume. Chose importante a noter, le PAM n’est pas si nouveau ne que cela. En comptabilisant les chiffres réalisés par les 5 partis qui ont en former l’ossature, on se rend compte que déjà en 2003, les ancêtres du PAM était en 5eme position, et que les chiffres consolidés de 2007 placent le PAM comme la première force politique du royaume.
Le deuxième chiffre significatif est certainement le quasi débâcle du PJD. Ce parti progresse certes de manière significative par rapport au suffrage local précédent (2003), mais rappelons nous que le parti de Benkirane s’était fait tout petit a l’époque a cause des attentats du 16 mai. En présentant plus de 8000 candidats, seuls quelques 1500 barbus officieront dans les conseils communaux. En finissant a la sixième position, Le PJD n’a impressionne ni par sa campagne électorale, ni par le nombre d’élus, ni par les 460 000 voix obtenus ni par un taux de réussite de 17%. Par contre, je serais curieux de connaitre le classement du PJD dans les grande agglomérations ou il est fortement présent. Benkirane affirme que son parti est en tête dans la plus part des grandes villes.
Enfin, troisième chose à retenir, c’est la débâcle de la gauche marocaine. L’USFP a perdu la confiance de prés de 300 000 électeurs entre 2003 et 2009. En terme de nombre de siège, il obtiendra une centaine en moins (sachant qu’il y a eu plus de 5000 siège en plus dans le présent découpage). A Périmètre comparable, le parti de la rose sort de ces élections, avec le MP, comme le grand perdant. L’USFP ne gérera probablement aucune des grandes villes, peut être même pas des villes de taille moyenne. Le petit Frérot communiste, le PPS, perd lui aussi des voix et des sièges.
Je profite de cette occasion pour déplorer le travail de nos chaines publiques pour avoir aussi lamentablement échoué a offrir des analyse digne de l’importance de ce scrutin dans le consécration de la marche démocratique du pays . (Je sais, j’ai regarde trop de RTM ce week-end). Walou, ni graphiques, ni analyses, ni comparatifs … une succession de chiffres qu’on a additionné pour faire un classement des parti. Les sites dédiés aux élections de la MAP et du ministère de l’intérieur sont une véritable honte technologique.
Un dernier petit mot sur le taux de participation qu’on a réussi à porter a 52,4 %, et cette grâce, de l’aveu même de Chakib Benmoussa, quasi uniquement a un réaménagement des listes électorales qui a permis de réduire la base des votants de plus de 3 millions de personnes. Les partis politiques ont tout de même réussi à faire déplacer plus de 1,3 millions de marocains en plus, accapare quasi exclusivement par le PAM et l’Istiqlal. Tiens l’Istiqlal qui malgré Abass, A réussi à tirer son épingle du jeu.

J'ai essaye, dans grande pretention d'avoir de regroupper les chiffres dont je dispose pour donner peut etre une meilleure lecture des resultats et de la preogression des 8 partis en tete

Apercu des resultats des trois dernier suffrages


Progressions









* : les statistiques du PAM ont été recrées en consolidant les chiffres des 5 partis ayant formés l’ossature du parti : le Parti al ahd, le Parti de l'environnement et du développement, l'Alliance des libertés et le Parti initiative citoyenne pour le développement al Moubadara.
** : les statistiques de Al Haraka pour les communales de 2007 ont été recalculées en fonction des réalisations de trois partis qui ont fusionnés : MNP, le MP et l’UD
1 : nombre d’elus par rapoorts au nombre de candidats
2 : les 5057 sièges issus du nouveau découpage électoral.
3 : les 1.3 millions de votants de plus enregistre en 2009 par rapport a la participation enregistree en 2007.

lundi, juin 01, 2009

Elections communales : C’est parti !!!!!! Enfin, je crois

Ce week-end a connu le lancement officiel de la campagne électorale pour le scrutin communal du 12 juin prochain. On ne le rappellera jamais assez sur cet espace, dans deux semaines, plus de 13 millions de marocains sont censés élire leurs représentants dans les différentes collectivités locales du Royaume.

Au fait c’est tout un marathon électoral qui a déjà commencé il y a quelques semaines déjà avec l’élection des représentants des salaries dans les entreprises Marocaine, et se poursuivre avec les élections professionnelles aussi (chambres de commerce, d’artisanat, de la pêche, d’agriculture…). Tous ces élus, devront designer parmi eux des présidents, vice-présidents, assesseurs, et autres membres dirigeants de ces structures de représentation professionnelles et populaires. Toute dernières étape, Ce beau monde devront designer ceux de leurs pairs qui auront l’ultime privilège de siéger pendant les 9 prochaines années a la chambre des conseillers.

Pour l’occasion, j’ai fait un petit tout pour voir ce que notre chère trentaine de partis politiques nous ont préparé pour l’occasion.

USFP : Le grand Walou Aerien, comme si ce parti n’était pas du tout concerne par le suffrage.

PPS : Pour un parti qui on s’accapare la communication gouvernementale, le constat est désastreux !

PJD : Les barbus se sont endormis sur leurs lauriers … Jadis pionnier dans la communication via le Web, le site du parti est pauvrement documenté sur le sujet des élections 2009.

Istiqlal: Le site du parti de Allal El Fassi reprend verbatim la conférence de presse donne par les dirigeants du parti pour présenter le programme de l’Istiqlal pour les élections communales. Sinon, aucune trace de ce fameux programme électoral détaillé sur le site.

PAM : Le nouveau parti d’opposition de Ali El Himma veut révolutionner la pratique de la politique au Maroc, je veux bien le croire. En tout cas le parti du tracteur n’a aucune ambition pour révolutionner la communication politique ! son site (c’est plus un blog qu’un site) se contente de reprendre les communiqués du parti. Mais attention, il s’agit d’un site provisoire… A quand le site définitif, après les élections 2012 ????

RNI : j’ai failli être bluffé par le site du RNI. Dès la page d’accueil, je tomber sur ce qui ressemble a un véritable programme électoral (a la marocaine bien sur). Mais en faisant plus attention, on se rend compte que le RNI a une élection de retard … c’était le programme électoral pour les législatives 2007 ! ( au passage notons que le RNI ne se sont meme pas donne la peine de se payer le nom de domaine RNI.ma : http://www.alchimie.ma/rni/rni/ar/index.aspx)

Mise A jour (1 juin) : je retire ma dernière phrase , le RNI possède bel et bien a nom de domaine RNI.ma , qui redirige vers l'adresse sus mentionnée ...A priori, le parti de la colombe, a du se rattraper durant le week-end( ou alors je n’avais pas vu cela la première fois) pour mettre en ligne son programme nationale pour les élections communales


MP : bizarrement, le seul parti a avoir mis en place une véritable plateforme Web pour le scrutin du 12 juin sont les Harakis. Précisions cependant que cette plateforme est plus destinée aux candidats MP qu’aux électeurs. Les candidats MP peuvent ainsi y télécharger tout le matériel de campagne : un guide juridique, un guide pratique, des brochures, les logos et autres hymnes du parti de l’épi. On y retrouve même le portable de M’hand Laanser J

Les autres partis politiques, en tout cas ceux qui ont de sites webs ne sont pas plus brillants. A croire que personne ne croit encore dans les vertus de la communication via le web … ou en la communication tout court.

Au niveau Personnels, c'est-à-dire celui des candidats, Il y a q peine quelques uns qui ont tenté l’aventure du web pour se faire connaitre et faire connaitre le programmes de leurs partis. La capitale du Souss sort du lot avec deux candidats qui ont lancé leurs blogs, le maire sortant Tarik Kabbaj (USFP) qui vient de se découvrir une vocation blogomatique récemment, et Brahim Zerkdi, députe MP et candidat aux communales, qui, tient – maintient-un blog/site lance a la veille des législatives 2007. Driss Lachgar tient aussi un espace depuis avant les élections 2007. Khalid Hariri, lui relaisse tomber son blog pour la deuxième fois ! Hamid Chabat, le tonitruant maire de Fès vient quant à lui de mettre le pied à l’étrier

Une chose est sure, la bataille électorale ne sera pas virtuelle. Les partis vont certainement mettre le paquet sur les capsules télés et les meetings politiques et les brochures qui vont inonder nos rues et nos boites aux lettres. Les candidats vont enrôler les jeunes voyous des quartiers populaires, qui deviendront, pour une paire d’espadrille, un-t-shirt, un sandwich et 50 dirhams, des porte-voix des partis, et accessoirement, des gardes corps et agents de sécurités le temps d’une campagne.

Enfin, pour finir, Oummou Al Wizarat, régressé fortement cette année. Le ministère de l’intérieur nous avait habitue a mieux comme plateforme web pour accompagner les élections. Cette année, on a droit au minimum syndical, pas plus.

jeudi, mai 28, 2009

Hiwar : Ellah ye3fou 3lina men Mustapha El Alaoui

La première chaine, Al Oula, a transformé son émission mensuelle Hiwar, en bihebdomadaire, pour cette précampagne électorale. Pour rappel, pour ceux qui ne le savent pas encore, le 12 juin prochain, plus de 13 millions de marocains seront appelés a désigné leurs élus locaux.

Du coup, plusieurs dirigeant de partis politiques se sont succédés sur le fauteuil d’invite de Sir Mustapha EL Alaoui, L’icone même de la télé-makhzen … celui la même qui est capable de transformer chaque visite, inauguration ou activité royale en une véritable orgie de servilité journalistique et télévisuelle. Entouré de trois journalistes et « expert » politique, Mustapha El Alaoui, cuisine son invité.

Si l’idée ne peut être que louable, sa mise en œuvre souffre d’un certain nombre de défaillances… certaines en rapport avec la forme même de l’émission, d’autres avec le fond et le contenu – entre autre la qualité et de l’invité et des journalistes-. Certains couaques sont imputables au fait même que tout ceci se passe sur la TVM - c’est ce qu’ont appel des couaques struturels J - … et enfin, les vrais reproches, les plus graves, sont a mettre sur le dos d’un Mostapha Al Alaoui qui démontre, a chaque émission, d’un manque flagrant de professionnalisme, d’une mauvaise préparation de l’émission, d’une subjectivité a peine cachée, de l’eistance des consignes – réelles ou supposées- et enfin d’une défaillance totale au niveau de la conduite de son émission, le tout enrobée d’un impolitesse inouïe vis-à-vis de son invité, mais aussi de ses spectateurs (oui, oui parce qu’il y a des spectateur) et téléspectateurs.

Commençons d’abord par la forme ! Hiwar se déroule en effet en présence d’un public très VIP. Lors des « grandes » émission, il y a plus de ministre et d’homme politique que lors du vote de la dernière loi de finances. Ce public est, d’après ce que j’ai compris, choisi – en partie en tout cas- par l’invité de l’émission. Jusque la, rien de bien méchant, si ce n’est que la salle se met à applaudir, à ricaner, à murmurer, à chaque fois que l’invité sort « un bonne phrase ». Parfois, on se croirait plus dans un meeting politique que dans une émission télé… Il ne resterait plus que la salle s’amuse à répéter des slogans du genre « Benkirane ou wlidatou, hta ferka maghelbatou » ou encore « Ya Chabat yalwerda, achbghina bchi benberka ». Saluons au passage la retenu des gens du PPS lors du passage de leur camarade Abdelwahed Souhail

Ensuite, le choix des journalistes et autres soit disant experts politiques qui sont censés interviewer l’invité. Au mieux, Ils sont bons, mais francisants – du coup il ne donne pas le meilleur d’eux-mêmes … au pire, ils sont médiocres et populistes et tirent le débat vers le bas … Dans tous les cas, ils ont tous l’air de mal préparer leurs interventions. De plus, la plus part sont issus de la presse écrite, et ne sont pas aussi bon face à une camera. La palme de la connerie, du populisme et de la petitesse d’esprit est à décerner a un certain Alaoui, qui j’ai aperçu dans plusieurs émissions récentes, et qui se prétends « professeur en science politique » sciences politique mon cul …

Les invités aussi ont leur part de responsabilité dans la médiocrité de ce show politique. Ils sont souvent plats, démagogues, langue de bois et surtout, ne savent pas s’exprimer correctement. Certains s’en sortent magistralement : je me rappelle notamment de la super performance de Ghellab. Mais en gros, cela varie entre « Assez bien » – Le dernier Benkirane-, Passable « le dernier Souhail Abdelwahed – (il a du avoir se référer au petit livret du parti pour reprendre les principes de base du PPS J), et du lamentable Behraoui, que je n’ai pas supporter plus de 15 minutes.

Enfin, concernant l’animateur de Hiwar, difficile de dire quoi que ce soit de positif : ce type n’est tout simplement pas à sa place. La faute a qui ? Certainement au management de la chaine publique qui insulte le spectateur marocain en gardant une personne aussi incompétente et a l’historique aussi lourd. Mustapha el Alaoui est un véritable Makhzen-Symbole Cathodique. Il est a été a la RTM Version tricha ce qu’est Rocco Sifreddi a la pornographie : Une icône ! Le resservir à la sauce Transition démocratique est d’un mauvais gout incroyable.

Cela dit, l’émission reflète assez bien la réalité politique de monplusbeaupaysdumonde : Un démocratie d’apparat, contrôlée, guidée et mise en scène, qui, 12 ans après, a encore du mal a se défaire de ses reflexes makhzaniens et de créer un véritable renouveau des ses élites. Le tout, cautionnes par une absence totale de participation citoyenne !

mercredi, mai 13, 2009

Une Marocaine : "une transition démocratique est censée avoir un horizon et au Maroc je ne le vois pas"

Les Interviews du Politoconaute


Les interviews du politiconaute … un peu pompeux comme titre pour la série d’échanges que je lance sur ce blog. Il s’agit d’un cycle d’interview des bloggeurs politiques marocains, et comme il n’y en a pas des masses, des interviews politiques de bloggeurs Marocains (ou plus exactement de membres de la blogoma, puisque la nationalité n’est pas un critère ici).

Merci à tous ceux qui ont accepte ou qui accepteront de se prêter au jeu.


Une Marocaine vient d’emménager dans un nouvel espace : www.monagora.fr … mais c’est toujours avec la même passion qu’elle partage avec ses lecteurs des moments de sa vie de Marocaine de là-bas. Fatima, comme elle aime qu’on l’appelle, aime bien offrir au lecteur son regard bien à elle de ce qui la touche et de ce qui l’entoure.

Si le blog de Fatima reste un peu « introverti », Une Marocaine n’hésite pas à plonger dans les débats politiques sur les rares espaces qui s’intéresse a la chose politique. Elle ne semble appartenir à aucun des deux « clans » qui s’entredéchirent par blog et commentaires interposes, mais reste consistante avec ses convictions très démocrates.



Politiconaute : Lorsqu’on te croise sur d’autres blogs, tu sembles très prompte a prendre parts aux débat politiques concernant le Maroc, par contre sur ton Blog, tu t’arrête rarement sur des sujets qui concernant la politique Marocaine … Chnou ze3ma, Siyassa t’intéresse juste un peu, mais au point de t’inspirer ?

Je suis très portée sur la politique et tout ce qui tourne autour. Particulièrement dans le cas du Maroc. Mais comme tu l'as relevé effectivement je commente la politique marocaine sur les autres blogs mais à ce jour je n'ai parlé très peu sur mon blog. Eh ben tu sais quoi un jour je me suis posée la question pourquoi ?

Plusieurs raisons convergent :

1- je m'informe de ce qui se passe au Maroc. A chaque fois j'esquisse des billets dans ma tête mais par fainéantise (la première raison) et prise par d'autres sujets ces billets je ne les rédige pas ! C'est le cas pour d'autres domaines (je compte une dizaine de billets que je veux écrire depuis que j'ai ouvert le blog, c'est-à-dire presque deux ans, que je ne me suis pas encore résignée à le faire)

2- cette deuxième raison peut paraitre pompeuse mais elle est sincère et profonde. La politique je m'y intéresse depuis mon enfance. S'agissant de la situation au Maroc ou plus large encore les pays arabes et musulmans, je me suis 1000 fois posée la question pourquoi sommes-nous dans cette situation de décadence ? Plus j'y réfléchis plus j'avance dans la vie et dans l'âge plus je suis convaincue qu'il faut aborder le sujet autrement, en l'occurrence, via le prisme des sciences sociales principalement la sociologie, l'anthropologie et l'histoire. A titre d'exemple, je trouve qu'un billet sur l'usage de certains mots dans notre langage quotidien est plus révélateur et peut être source de prise de conscience qu'une dissertation sur la constitution ou les "institutions" marocaines. Bien que ce genre de billets a son intérêt que je ne dénie absolument pas.

En parlant de l'usage des mots, j'estime qu'il faudra qu'on revoit notre dictionnaire en matière politique, et dans d'autres domaines d'ailleurs, car on prend des mots qui sont nés dans certains milieux sociaux et culturels (on en revient) et puis on les colle sur d'autres réalités sans tenir compte de leur charge historique. Ca donne lieu à des bizarreries du genre "At-tanaweb at-tawafo9i" !!! Sans parler de l'amateurisme de notre classe politique. C'est à classer sous la rubrique "humour" ou plutôt "mauvais humour" que sous la rubrique "politique".

Et le terme "transition démocratique" est-ce que c'est un autre barbarisme oulla ca reflète a tes yeux la véritable situation du pays ?

Transition. Ce mot me rappelle une citation de Hervé Serieyx "nous sommes tjrs dans une période de transition entre deux périodes de transition" !

Concernant le Maroc, un p'tit rappel historique s'impose :
- le premier gouvernement Youssoufi date de février 1998. C'est à partir de cette expérience dite d'alternance qu'on a commencé à parler de transition démocratique.

- le seconde date de septembre 2000.

Entre les deux un nouveau roi a accédé au trône et ce depuis juillet 1999.

oui, mais nous sommes actuellement en mai 2009. Plus que quelques mois et ça fera 10 ans !!!

Certes chacun son rapport au temps. Chez nous, nous avons tendance à le rendre extensible ! Mais quand même sous d'autres cieux un dirigeant ne peut faire plus de deux mandats qui cumulées font 8 ans.

Il y a eu des avancées sur le plan des libertés c'est indéniable. Mais, depuis ces deux dernières années nous avons aussi assisté à des régressions. Les prisonniers du 1er mai, les affaires liées aux nouveaux médias (Mourtada et Erraji) pour ne citer que celles-là.

Mais sur le fond, le pouvoir est tjrs concentré entre les mains du roi. Alors transition démocratique je veux bien mais la transition est censée avoir un horizon et pour le cas du Maroc, j'ai peut-être raté un épisode, mais je ne le vois pas.

Et puis pour moi le vrai travail qu'il faut mené quand on cherche réellement à moderniser un pays et le mener vers des pratiques démocratiques c'est d'abord et avant tout L'APLHABETISATION. On n'y échappera pas quoi qu'on dise quoi qu'on fasse. C'est un passage obligé. Quand je vois le taux d'analphabétisme chez nous je me dis qu'on est loin du compte.

Oui, mais au moins pour les femmes, la transition est bouclée ... vous avez eu votre Moudawana, la nationalité pour vos gosses et je sais pas quoi d'autre ... Les marocaines, toi inclue, ne peuvent pas dire qu'elles n'ont pas été les premières servies ?

Pour commencer, ma vision de la société est une vision d'ensemble. Il faudra que et les hommes et les femmes puissent être égaux dont les droits et les devoirs. Car je ne vois pas comment une société peut aspirer au développement alors qu'elle traite 50% de ses composants (hommes ou femmes d'ailleurs) comme une sous catégorie. C'est comme si une personne s'"empute" ou relègue volontairement aux oubliettes une jambe et chercher à avancer avec une seule. C'est sûr que cette personne pourra avancer. Mais la question est : à quel rythme et à quel prix ? Dans un monde où on voit que les autres carburent...

La boucle est bouclée. Je ne crois pas on vient de dire "besseme lallah" ! D'autant que la machine judiciaire traine les pieds pour appliquer cette nouvelle moudawana. Faire évoluer les lois c'est bien. Reste à faire évoluer les mentalités chargées de les appliquer. Et ça c'est une autre paire de manche.

Sans oublier qu'il reste encore du chemin pour que les femmes puissent avoir la place qui leur revient dans notre société.

Quant à la nationalité. On a réparé une injustice qui causait des drames. C'est salutaire mais au fond je dirai que c'est la moindre des choses vis-à-vis de ces enfants qui sont aussi marocains que vous et moi.

Est ce que tu te sens plus concernée par ce qui se passe à l'hexagone oulla au Maroc ?

Je suis concernée par les deux. Ce qui se passe dans les deux pays a un impact sur ma vie. Je suis citoyenne marocaine et la moitié de ma petite famille y vit. Sans parler de la grande famille. Et ce qui se passe en France m'impacte aussi puisque j'y vis.

Si tu devais un jour en finir avec ton statut de MRE ... tu préférerais devenir "une française" oulla rentrer au Bled ?

MRE cette étiquette ce sont les autres, en l'occurrence l'administration, qui nous la colle. Je dirai que je ne m'en formalise pas. Et elle ne me dérange pas je ne vois donc pas pourquoi je chercherai à en finir avec. En outre, à force de bouger, de changer de lieu de résidence et de manières de voir le monde, je ne me sens pas complètement chez moi ni au Maroc ni en France ni nulle part ailleurs !!! J'ai fini par me construire un chez moi à l'intérieur de moi-même. Et ça me va comme ça..

Et puis faire des choix par rapport à des aspects qui touchent à mon indentité je suis complétement contre. Je ne peux réduire tout ce que je suis au seul aspect marocain ni à celui français. Je suis plusieurs choses à la fois et je compte bien préserver cette "pluralité" et l'enrichir autant qu'il m'est possible de le faire.

Enfin, on peut être de nationalité française et vivre au Maroc ou ailleurs. L'un n'empêche pas l'autre.

Politiquement parlant tu t’identifierais comment ?

je suis foncièrement social-démocrate. Que ce soit au Maroc ou en France aucun parti politique ne m'attire. Ce qui n'arrange pas les choses c'est la langue de bois assommante dans les sphères politiques des deux pays. Mais je reste sympatisante des partis de gauche.

Parce qu'il y a encore des partis de gauche en france ou au Maroc ? Que ce soit le PS ou l'USFP, ne sont t-ils pas gravement atteints ? À moins que tu ne sois fan de la gauche révolutionnaire genre LCR ou GSU ?

Ta question est assez tranchée ! Des partis de gauche il y en a encore. Ce n'est pas parce qu'ils traversent une mauvaise phase qu'on va les enterrer. La fin du communisme les a mis à mal, toutefois, je ne doute pas qu'ils finiront par se redresser. Mais, je t'avoue que le spectacle qu'ils offrent actuellement que ce soit le PS ou l'USFEP n'est absolument pas réjouissant. Cette guéguerre des chefs est affligeante alors que les précoccupations des populations sont ailleurs et plus terre à terre. Le pire dans l'histoire c'est que la situation économique et sociale leur est favorable mais malgré cela ils perdent les élections. C'est déroutant !

Quant à la LCR et GSU ce n'est vraiment pas mon genre. Mais alors là pas du tout. Je n'apprécie guère les positions radicales quel que soit le domaine ou le sujet sauf quand il s'agit de la dignité humaine.

J'apprécie les interventions de Besancenot dans la presse c'est un bon orateur. Son discours est tjrs bien articulé. Mais ça s'arrête là. Car il faut lire leurs programmes. Ca ne m'emballe pas du tout bien au contraire. D'ailleurs, quand la LCR s'est transformée en parti politique "le parti anticapitaliste" je suis tombée des nues. Ce discours en France me laisse bouche bée. C'est à se demander s'ils ne sont pas au courant que le communisme a été "testé" en URSS qu'il n'a pas marché, que le mur de Berlin est tombé depuis 20 ans, que le monde s'est métamorphosé. Ils me scotchent avec cette capacité qu'ils ont de rester dans un discours des années 60... Mais, bon ça s'explique par l'histoire de la France et leur attachement à la notion de l'égalité qu'ils confondent allégrement avec l'équité.

Dernière question ? Le Maroc en 2020 ? Tu l'imagines comment ?

Meilleur j'ose espérer ! Plus équitable et plus démocratique. Où le mérite l'emportera sur les passe-droits et les privilèges. Amen.


Le p’tit truc rapide sur Une Marocaine

L'homme politique de l'année?
Une réponse un peu space : j'ai envie de dire la crise financière devenue économique car mieux que tout elle a démontré avec brillo l'importance du politique dans une société. Durant ces 30 dernières années les adeptes du tout économique ont tout tenté pour nous démontrer l'inutilité des politiques et la prééminence de l'économie. Mais, quand la maison a pris feu ces mêmes adeptes du tout économique se sont retournés vers les politiques, qu'ils méprisaient et méprisent tjrs !, pour leur éviter l'abîme au nom d'une solidarité inversée...

Le pire ?
La classe politique marocaine sans exception. Je ne veux pas faire de jaloux ! De ma p'tite fenêtre je trouve qu'il n'y en a pas un pour rattraper l'autre...

L'homme de l'année 2008 ?
Ma réponse est très personnelle c'est mon père. Il a survécu à son opération.

La femme de l'année..
Les femmes palestiniennes. Ce sont une véritable leçon de courage.


Le blogueur de l'année
Tous les blogueurs arabes emprisonnés.

Ton meilleur post?
Celui que je n'ai pas encore écrit...

jeudi, avril 16, 2009

Larbi : mon rêve c’est d’être un jour maire d’une petite ville, genre Oued Zem ou Ksar Lekbir

Les Interviews du Politoconaute


Les interviews du politiconaute … un peu pompeux comme titre pour la série d’échanges que je lance sur ce blog. Il s’agit d’un cycle d’interview des bloggeurs politiques marocains, et comme il n’y en a pas des masses, des interviews politiques de bloggeurs Marocains (ou plus exactement de membres de la blogoma, puisque la nationalité n’est pas un critère ici).

Merci à tous ceux qui ont accepte ou qui accepteront de se prêter au jeu.

Il est vraiment inutile de préciser qu’il est inutile de présenter Larbi… D’ailleurs il serait plus intelligent de me présenter moi-même dans cette interview a ceux qui atterrirait sur cet espace pour y lire l’interview du bloggeur le plus célèbre de la Blogoma.

Passage obligé de tout bloggeur qui se respecte Larbi.org est devenu au fil du temps une véritable institution. Pour se faire connaitre, bloggeurs, commentateurs et trolleurs doivent se distinguer chez lui. Le nec-plus-ultra c’est de « preumser ». Khlass, lorsqu’on est backlinker, on fait la fête.

Mais Larbi n’a jamais pris son succès blogomatique au sérieux, même lorsque Telquel l’a listé parmi les 100 qui font bouger le Maroc en 2007 et encore moins lorsqu’il est logiquement désigné meilleurs bloggeur de l’année en 2008.

L’humilité de Larbi n’a d’égale que sa colère lorsqu’on touche a un cheveu d’un bloggeur, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs. Il est souvent le premier à prendre la défense des victimes de la cyber-censure, le dernier à lâcher prise dans ce genre d’«affaires». La défense de la liberté d’expression est érigée en doctrine chez larbi.org, même lorsqu’il s’agit de Rachid Ninni !

Ente deux « affaires » Larbi offre un peu de tout a ses nombreux lecteurs … Parfois, il commet des petites perles. Parfois il jette des piques aux personnages politiques qu’il ne porte pas dans son cœur. Parfois, il partage et commente une info, une vidéo, un article … Parfois, il nous bluff vraiment avec des sujets aussi marrants qu’intéressants, mais surtout diaboliquement documentés.


Politiconaute : Il paraît que tu te présentes aux prochaines élections communales ? C’est sérieux ?

Larbi :Ca pourrait arriver un jour. Je dis souvent à mes amis que mon rêve c’est d’être un jour maire d’une petite ville (genre Oued Zem ou Ksar Lekbir :) pour la transformer et mettre l’action des élus locaux au service des citoyens pour améliorer leur quotidien.
A y réfléchir sérieusement, un élu local ou un maire à plus de possibilités d’agir et changer les choses au niveau de sa commune. Et j’irais même jusqu’à dire plus qu’un député au parlement qui, au niveau national et en l’état actuel des institutions ; n’est là que pour la figuration politique.

Mes sources m'ont aussi rapporte que tes attaques lancées contre El Yazami (on t’accuse d'ailleurs de fomenter toute cette grande cabale contre le président du CCMRE traduit une ambition personnelle. Tu veux prendre son siège, n'est ce pas ? Mqodom de la Blogoma ne te Suffit plus, tu veux être le parton des Zmagriya aussi ?

Parler d’attaques lancées contre El Yazami est un peu exagéré et pour cause j’ai écrit un seul billet concernant le conseil y a quelques semaines et ce après un plus d’un an de sa création ! Il ne faut y voir aucun mépris mais la seule chose que m’inspire le CCMRE est l’indifférence. Comme beaucoup de MRE d’ailleurs ! On me proposerait de siéger dans ce conseil je refuserai. Parce que je ne serais pas utile aux MRE. Parce qu’ensuite je crois profondément au suffrage universel. Quand on veut représenter une communauté on doit se soumettre au suffrage des électeurs, le seul à mon sens à donner une légitimité à ses représentants. Il n’y a pas plus dangereux que la multiplication des commissions et des conseils dont les membres sont désignés et non élus. Je trouve cela très insupportable.

Tu préférais donc que les Marocains du monde soient représentés directement au parlement ? Ne crains tu pas que, comme les marocains du Maroc, que les MRE de retrouvent représentés par des gens qui vous défendent plus leurs propres intérêts que ceux de la communauté qu'ils sont censés représenter?

T’es sympa toi. A t’entendre Mahdi, un représentant désigné est forcément plus intègre et compétent qu’un membre élu :)
Je préfère plutôt un conseil indépendant des Marocains de l’Etranger dont les membres, une cinquantaine, sont élus dans des circonscriptions définies selon les pays d’expatriation. Ce conseil pourrait alors élire une dizaine de représentant au parlement. C’est à mon sens le seul mode qui tient compte du fait que la diaspora est dispersée dans le monde et qui respecte la règle du suffrage universelle.
Que les élus privilégient leurs intérêts personnels sur ceux électeurs, ça ne concerne pas que les MRE. Il faudrait commencer par réhabiliter le suffrage universel, après les gens apprendront à assumer leurs responsabilités et à n’élire que des gens intègres et désintéressés. S’ils se trompent une fois, ils voteront mieux la suivante, on ne refait pas deux fois la même erreur. Cela a un nom : l’apprentissage démocratique. Et ce n’est pas en désignant et en nommant des représentants administratifs qu’on va y arriver.
Je m’en tiens à un exemple. Parmi « nos » représentants de France, il y a une certaine Najat Belkacem conseillère régionale socialiste et proche de Ségolène Royal. Madame Belkacem ne fait jamais référence à cette fonction et ne l’assume pas. Le comble, elle évite même de la mentionner car elle ne veut pas (ou ne peut pas) être considérée comme Marocaine même à moitié. Et je comprends cela, c’est un frein pour ses ambitions politiques, tout le monde connaît la fixette que font les Français sur ce volet. Un jour on l’a nommé représentante des MRE, je ne sais même pas si on lui a demandé son avis, ca s’est arrêté là: un nom dans une dépêche de la MAP. Je crois même qu’elle a oublié qu’elle fait partie de ce conseil. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des représentants fantômes assumant des responsabilités fictives.

Tu fais beaucoup de politique sur ton blog ... et disons que tu ne caresses pas dans le sens du poil... tu n'a jamais peur de te faire encadrer par deux flics lors de ton prochain passage au Maroc, et de subir un interrogatoire ...enfin un vrai ?

Effectivement j’ai eu peur deux fois au passage aux frontières. La première c’était sur les frontières entre la Syrie et le Liban et la deuxième à l’aéroport de Carthage à Tunis. Dans les deux cas, c’était parce que je ne savais pas à quoi m’attendre et parce que des amis m’ont déconseillé d’y aller. Mais ça c’est bien passé.
Au Maroc jamais, ça ne m’a même pas effleuré l’esprit. Au contraire dès que les policiers aux frontières jettent un coup d’œil sur ma fiche ils deviennent sympas tout d'un coup et il me donne du «ssi larbi » et du « oustad larbi ». Je suis bien curieux de savoir ce qu’il y est écrit.
Ceci dit s’il faut passer un jour par la case interrogatoire, pourquoi pas. Je n’en ferais pas motif de gloire mais ça serait une expérience humaine intéressante à vivre :)

Revenons un peu a la Blogoma... tu ne trouves pas un peu qu'elle est politiquement trop molle ... pourtant, il y a encore de la marge ... entre le discours le plus virulent et "Erraji", il y a comme même un grand no man’s land que la blogoma ne revendique pas?

Contrairement à beaucoup de pays de la région, les blogs au Maroc ont cela de particulier : ils sont venus après la vague de la presse indépendante au Maroc qui a déminé un peu le terrain du débat politique et arraché beaucoup de concessions et d’espaces de liberté. J’ai cette impression un peu paradoxale : les bloggeurs se sont contentés des limites que ces journalistes se sont tracées, ils n’ont pas voulu faire mieux. Et ce à l’inverse de beaucoup de pays du monde arabe ou les citoyens se sont appropriés l’espace ne serait-ce que pour chuchoter ce qu’ils ne peuvent pas dire en public.
Mais on ne peut pas parler de ce sujet sans évoquer l’environnement institutionnel. Le « no man’s land» dont tu parle est constitué de cela : une architecture constitutionnelle concentrant le pouvoir aux mains d’un seul homme, le Souverain, seul acteur de l’état monopolisant toutes les décisions et actions de l’Etat. L’Etat c’est lui. Les autres acteurs politiques se contentent du rôle de figurants, qui n’osent même pas utiliser le pronom personnel je et qui se sentent obligés de rajouter « selon les instructions royales » à chaque début de phrase. Tenez les gens de l’USFP, ils ont tenu un congrès, ils ont décidé qu’Erradi démissionne, il a présenté sa démission et le roi a dit non. Comme seule la parole du roi compte, la décision de la base et l’encadrement socialistes a été envoyée aux oubliettes.
Ceci a deux conséquences sur les bloggeurs et plus généralement les commentateurs de la vie politique. La première est l’absence de la matière, les événements politiques au Royaume se réduisent aux activités royales, le reste ça n’a pas d’importance. La seconde en décolle : si on veut être honnête avec soi, parler de l’action publique au Maroc revient à parler des actions du Roi du Maroc ou alors ça serait bouter en touche. Mais on sait tous que c’est un terrain miné, parce qu’il y a la fameuse sacralité du roi, parce qu’il y a un arsenal juridique lourd et liberticide contrôlant tout ce qui touche à la critique du roi.
Voilà comment on étouffe le débat public et on le tue. Certains commentateurs marocains sont virulents, pertinents et courageux quand il s’agit de parler de la politique française ou américaine mais dès qu’il s’agit du Maroc c’est le conservatisme et la mollesse des idées et de la pensée. Certains commentateurs marocains sont courageux et pertinents quand il s’agit de dénoncer l’intégrisme religieux qui sacralise tout, à tout bout de champs, mais dès qu’il s’agit de l’intégrisme institutionnel, ils se surpassent pour justifier la sacralisation de tout ce qui concerne la monarchie, à tout bout de champs.
Un peu comme Dr Jekyll et Mister Hyde.

Serais tu entrain de regretter de ne pas avoir des bloggeurs prisonniers Larbi ?

Lolll. J’ai du mal avec les choix binaires. Ce que je comprends de ta question c’est que j’ai laissé entendre qu’au bien une blogosphère a des prisonniers et elle est libre, ou bien elle n’en a pas et elle est molle. Ce n’est pas du tout le fond de ma pensée.
Par contre qu’il y ait davantage d’espaces de liberté à conquérir, ah ça oui ! Je le pense profondément. Peut-être il faudrait juste sortir de la culture d’affrontement et pacifier, voire banaliser, l’expression libre et diversifiée. Ne pas criminaliser tout ce qui ne colle pas avec le communément accepté. Si 99,99% des Marocains disent que le ciel est jaune, le petit 0,01 % des gens qui pensent qu’il est vert doivent pouvoir le penser et le dire.

Tu penses un jour rentrer définitivement au Maroc ... Quelles seraient les conditions satisfaisantes pour envisager un retour au Maroc ?

En ce qui me concerne la question ne se pose pas comme ça. Je suis entre deux pays, ni totalement de ce côté ci de la rive, ni totalement de l’autre. Parfois même entre plusieurs pays durant une seule semaine.
Dans l’imaginaire collectif on pense toujours à l’immigré des années 70 qui s’installe en France, qui vit sur le rêve du retour et qui rentre chaque été au pays avec voitures et bagages. On n’en est plus dans ce schéma.
Aujourd’hui, on peut prendre l’avion un vendredi soir pour le Maroc et rentrer dimanche après y avoir passé le week-end. C’est plus fréquent, plus régulier. C’est peut être même plus facile que pour quelqu’un qui travaille à Azilal et qui a ses attaches à Tanger par exemple. Et avec les nouveaux outils de communication, on ne sent même pas la notion de frontière ou de distance. C’est peut être pour cela que je ne me considère jamais comme MRE, que mes lecteurs ne savent même pas de quel pays j’écris tel ou tel billet.
Concernant les « conditions satisfaisants » comme tu dis, et pour ne parler que de mon cas, le fait que ma résidence principale est Paris et pas Casablanca n’a de motif qu’un choix personnel dicté par des considérations privées qui n’ont aucun lien avec une situation politique ou socio-économique du Maroc.

Si tu avais une baguette magique pour changer trois choses au Maroc ?

Difficile de te répondre. Je ne crois ni aux hommes providentiels ni aux baguettes magiques. Alors je vais me contenter de former trois vœux. Le premier, un sujet qui me tient à cœur, est de réformer la constitution. Je crois qu’un consensus peut être trouvé sur une architecture ou le roi a un domaine réservé (défense, affaires extérieurs, religion,…) et où le premier ministre est responsable avant tout devant le parlement d’où il tire sa légitimité et conduit seul l’exécutif et la politique socio-économique du pays. Ca serait un grand pas vers une monarchie parlementaire.
Le deuxième concerne les libertés publiques et individuelles ; je forme le vœu que l’Etat garantisse à chacun le droit de vivre et de s’exprimer librement et que la société respectent la dignité des gens tels qu’ils sont.
Le troisième, est un peu plus personnel, qu’il y ait une obligation de soigner et de secourir tout le monde surtout les laissés-pour-compte ! Que nul ne mourra devant un hôpital faute d’avoir les moyens de se soigner. Et peut-être devrais-je commencer par cela car c’est de vies humaines dont il s’agit.

Le p’tit truc rapide sur Larbi

nnée?
Aucun homme politique marocain n’a marqué, à mon sens, l’année.

Le pire ?
Fouad Ali El Himma pour son OPA politique qui rappelle d’autres temps qu’on croyait révolus


L’homme de l’année 2008?

Ce n’est pas un marocain mais je dirais bien Barak Obama. Parce qu’il est noir et il est président des USA. Et parce que les hommes qui peuvent susciter autant d’espérances, en cette période de crise, ne courent pas les rues.
Au Maroc aucun nom ne me vient spontanément à l’esprit. J’aurais bien aimé citer Aboubakr Jamaï mais il fait sa traversée du désert.

Le bloggeur de l’année
Mohamed Erraji. Parce que les quatre jours de prison lui valent bien ce titre. Et parce que je n’ai pas apprécié les commentaires dont il a fait l’objet de certains bien-nés qui lui ont dénié le droit à la dignité parce qu’il est issu d’un milieu modeste et parce qu’il est salarié dans un hammam au Maroc profond.

Ton meilleur post?
Je ne sais pas je les ai jamais évalués. Peut-être parce que je sais que je suis le pire de mes juges :)

lundi, mars 23, 2009

Diplomatie Marocaine : Un affaire bien étrange

Prétendre que la cabale actuellement menée contre tout ce qui peu de prés ou de loin ressembler ou être assimilé au Chiisme n’est pas une simple justification de la boutade diplomatique iranienne, serait faire preuve d’un myopisme difficilement innocent.
Alors comme ca, du jour au lendemain, on découvre soudain que nos librairie, pullulent de littérature Chiite … et on est tout fier de déclarer ici et la, que les pouvoir publics ont saisie des centaines et des milliers de bouquins et de livres a obédience chiite … Je voudrais bien avoir la liste de ces ouvrages… Les autorités ont fait a priori dans le simple : Ils ont pris les ouvrages édités par un maison connue pour sa littérature chiites, et ils ont tout confisqués.
J’imagine que la prochaine étape sera certainement s’attaquer aux sites internet.
Et puis hier, notre valeureuse MAP nous informe que l’école Irakienne Complémentaire de Rabat vient d’être fermée parce que non conforme au programme pédagogique (article ici) . Plainte déposée ze3ma par un parent d’élève le 5 mars, et tout la machine super efficace s’emballe pour dépêcher une mission dissection qui conclut que le système pédagogique adopté par l'école irakienne est contraire aux dispositions de la loi 06-00 portant statut de l'enseignement privé dans le Royaume du Maroc. WAW ! Au détour du communiqué de presse du MEN, on a comme pris la peine d’évoquer de manière quasi subliminale une histoire de « motifs confessionnels ». J’aimerais sincèrement voir autant de célérité dans le traitement des défaillances de notre système de educatif tant privé que public.
Je ne m’étonnerai pas si dans les quelques jours avenir, on entend parler d’un imam révoqué, ou encore d’un bande de prosélytes chiites arrêtés a Tanger ou Meknès …
Tout cela est bien joli... mais pue l’amateurisme. C’est comme si on maquillait a la va vite la scène d’un crime en laissant derrière soi son portefeuille.
En tout cas, cela confirme une chose : Le Maroc veut, et doit, trouver un justificatif à cette histoire de relations diplomatiques rompues avec l’Iran. Les stratèges de la diplomatie Marocaine se rendent bien compte que leur histoire ne tiens pas … et veulent donner de la substance a la théorie de Fassi Fihri, qu’il a avance très timidement lors de la conférence de presse.
Le Maroc accumule, depuis quelques temps déjà les casseroles diplomatiques : le Sénégal, l’Espagne, le Sommet Arabe, l’Iran, et même l’affaire du Sahara (les négociations avec le Polisario sont en stand by depuis plusieurs mois). Démontre l’amateurisme de notre diplomatie. Le limogeage d’un secretaire d’Etat, les dernières nominations d’ambassadeurs, l’Etat de nos ambassades –je ne parle pas bien sur du cote investissement immobilier- et leur rendement plus que ridicule en terme économique, politique, culturel sont également la preuve que nos chancelleries servent plus de placard doré que de vitrine du royaume. Je ne parle même pas de la médiocrité des services rendus aux citoyens à travers les services consulaires de nos ambassades – enfin de celles de Sa Majesté- qui diffuse la philosophie bien marocaine du service au citoyen. Alors sincèrement, arrêtons de chercher des poux dans les barbes de quelques disciple des Ayatollah, et posons nous les vraies questions sur l’état de mos affaire bien étrangères.