La première chaine, Al Oula, a transformé son émission mensuelle Hiwar, en bihebdomadaire, pour cette précampagne électorale. Pour rappel, pour ceux qui ne le savent pas encore, le 12 juin prochain, plus de 13 millions de marocains seront appelés a désigné leurs élus locaux.
Du coup, plusieurs dirigeant de partis politiques se sont succédés sur le fauteuil d’invite de Sir Mustapha EL Alaoui, L’icone même de la télé-makhzen … celui la même qui est capable de transformer chaque visite, inauguration ou activité royale en une véritable orgie de servilité journalistique et télévisuelle. Entouré de trois journalistes et « expert » politique, Mustapha El Alaoui, cuisine son invité.
Si l’idée ne peut être que louable, sa mise en œuvre souffre d’un certain nombre de défaillances… certaines en rapport avec la forme même de l’émission, d’autres avec le fond et le contenu – entre autre la qualité et de l’invité et des journalistes-. Certains couaques sont imputables au fait même que tout ceci se passe sur la TVM - c’est ce qu’ont appel des couaques struturels J - … et enfin, les vrais reproches, les plus graves, sont a mettre sur le dos d’un Mostapha Al Alaoui qui démontre, a chaque émission, d’un manque flagrant de professionnalisme, d’une mauvaise préparation de l’émission, d’une subjectivité a peine cachée, de l’eistance des consignes – réelles ou supposées- et enfin d’une défaillance totale au niveau de la conduite de son émission, le tout enrobée d’un impolitesse inouïe vis-à-vis de son invité, mais aussi de ses spectateurs (oui, oui parce qu’il y a des spectateur) et téléspectateurs.
Commençons d’abord par la forme ! Hiwar se déroule en effet en présence d’un public très VIP. Lors des « grandes » émission, il y a plus de ministre et d’homme politique que lors du vote de la dernière loi de finances. Ce public est, d’après ce que j’ai compris, choisi – en partie en tout cas- par l’invité de l’émission. Jusque la, rien de bien méchant, si ce n’est que la salle se met à applaudir, à ricaner, à murmurer, à chaque fois que l’invité sort « un bonne phrase ». Parfois, on se croirait plus dans un meeting politique que dans une émission télé… Il ne resterait plus que la salle s’amuse à répéter des slogans du genre « Benkirane ou wlidatou, hta ferka maghelbatou » ou encore« Ya Chabat yalwerda, achbghina bchi benberka ». Saluons au passage la retenu des gens du PPS lors du passage de leur camarade Abdelwahed Souhail
Ensuite, le choix des journalistes et autres soit disant experts politiques qui sont censés interviewer l’invité. Au mieux, Ils sont bons, mais francisants – du coup il ne donne pas le meilleur d’eux-mêmes … au pire, ils sont médiocres et populistes et tirent le débat vers le bas … Dans tous les cas, ils ont tous l’air de mal préparer leurs interventions. De plus, la plus part sont issus de la presse écrite, et ne sont pas aussi bon face à une camera. La palme de la connerie, du populisme et de la petitesse d’esprit est à décerner a un certain Alaoui, qui j’ai aperçu dans plusieurs émissions récentes, et qui se prétends « professeur en science politique » sciences politique mon cul …
Les invités aussi ont leur part de responsabilité dans la médiocrité de ce show politique. Ils sont souvent plats, démagogues, langue de bois et surtout, ne savent pas s’exprimer correctement. Certains s’en sortent magistralement : je me rappelle notamment de la super performance de Ghellab. Mais en gros, cela varie entre « Assez bien » – Le dernier Benkirane-, Passable « le dernier Souhail Abdelwahed – (il a du avoir se référer au petit livret du parti pour reprendre les principes de base du PPS J), et du lamentable Behraoui, que je n’ai pas supporter plus de 15 minutes.
Enfin, concernant l’animateur de Hiwar, difficile de dire quoi que ce soit de positif : ce type n’est tout simplement pas à sa place. La faute a qui ? Certainement au management de la chaine publique qui insulte le spectateur marocain en gardant une personne aussi incompétente et a l’historique aussi lourd. Mustapha el Alaoui est un véritable Makhzen-Symbole Cathodique. Il est a été a la RTM Version tricha ce qu’est Rocco Sifreddi a la pornographie : Une icône !Le resservir à la sauce Transition démocratique est d’un mauvais gout incroyable.
Cela dit, l’émission reflète assez bien la réalité politique de monplusbeaupaysdumonde : Un démocratie d’apparat, contrôlée, guidée et mise en scène, qui, 12 ans après, a encore du mal a se défaire de ses reflexes makhzaniens et de créer un véritable renouveau des ses élites. Le tout, cautionnes par une absence totale de participation citoyenne !
Les interviews du politiconaute … un peu pompeux comme titre pour la série d’échanges que je lance sur ce blog. Il s’agit d’un cycle d’interview des bloggeurs politiques marocains, et comme il n’y en a pas des masses, des interviewspolitiques de bloggeurs Marocains (ou plus exactement de membres de la blogoma, puisque la nationalité n’est pas un critère ici).
Merci à tous ceux qui ont accepte ou qui accepteront de se prêter au jeu.
Une Marocaine vient d’emménager dans un nouvel espace : www.monagora.fr … mais c’est toujours avec la même passion qu’elle partage avec ses lecteurs des moments de sa vie de Marocaine de là-bas. Fatima, comme elle aime qu’on l’appelle, aime bien offrir au lecteur son regard bien à elle de ce qui la touche et de ce qui l’entoure.
Si le blog de Fatima reste un peu « introverti », Une Marocaine n’hésite pas à plonger dans les débats politiques sur les rares espaces qui s’intéresse a la chose politique. Elle ne semble appartenir à aucun des deux « clans » qui s’entredéchirent par blog et commentaires interposes, mais reste consistante avec ses convictions très démocrates.
Politiconaute :Lorsqu’on te croise sur d’autres blogs, tu sembles très prompte a prendre parts aux débat politiques concernant le Maroc, par contre sur ton Blog, tu t’arrête rarement sur des sujets qui concernant la politique Marocaine … Chnou ze3ma, Siyassa t’intéresse juste un peu, mais au point de t’inspirer ?
Je suis très portée sur la politique et tout ce qui tourne autour. Particulièrement dans le cas du Maroc. Mais comme tu l'as relevé effectivement je commente la politique marocaine sur les autres blogs mais à ce jour je n'ai parlé très peu sur mon blog. Eh ben tu sais quoi un jour je me suis posée la question pourquoi ?
Plusieurs raisons convergent :
1- je m'informe de ce qui se passe au Maroc. A chaque fois j'esquisse des billets dans ma tête mais par fainéantise (la première raison) et prise par d'autres sujets ces billets je ne les rédige pas ! C'est le cas pour d'autres domaines (je compte une dizaine de billets que je veux écrire depuis que j'ai ouvert le blog, c'est-à-dire presque deux ans, que je ne me suis pas encore résignée à le faire)
2- cette deuxième raison peut paraitre pompeuse mais elle est sincère et profonde. La politique je m'y intéresse depuis mon enfance. S'agissant de la situation au Maroc ou plus large encore les pays arabes et musulmans, je me suis 1000 fois posée la question pourquoi sommes-nous dans cette situation de décadence ? Plus j'y réfléchis plus j'avance dans la vie et dans l'âge plus je suis convaincue qu'il faut aborder le sujet autrement, en l'occurrence, via le prisme des sciences sociales principalement la sociologie, l'anthropologie et l'histoire. A titre d'exemple, je trouve qu'un billet sur l'usage de certains mots dans notre langage quotidien est plus révélateur et peut être source de prise de conscience qu'une dissertation sur la constitution ou les "institutions" marocaines. Bien que ce genre de billets a son intérêt que je ne dénie absolument pas.
En parlant de l'usage des mots, j'estime qu'il faudra qu'on revoit notre dictionnaire en matière politique, et dans d'autres domaines d'ailleurs, car on prend des mots qui sont nés dans certains milieux sociaux et culturels (on en revient) et puis on les colle sur d'autres réalités sans tenir compte de leur charge historique. Ca donne lieu à des bizarreries du genre "At-tanaweb at-tawafo9i" !!! Sans parler de l'amateurisme de notre classe politique. C'est à classer sous la rubrique "humour" ou plutôt "mauvais humour" que sous la rubrique "politique".
Et le terme "transition démocratique" est-ce que c'est un autre barbarisme oulla ca reflète a tes yeux la véritable situation du pays ?
Transition. Ce mot me rappelle une citation de Hervé Serieyx "nous sommes tjrs dans une période de transition entre deux périodes de transition" !
Concernant le Maroc, un p'tit rappel historique s'impose :
- le premier gouvernement Youssoufi date de février 1998. C'est à partir de cette expérience dite d'alternance qu'on a commencé à parler de transition démocratique.
- le seconde date de septembre 2000.
Entre les deux un nouveau roi a accédé au trône et ce depuis juillet 1999.
oui, mais nous sommes actuellement en mai 2009. Plus que quelques mois et ça fera 10 ans !!!
Certes chacun son rapport au temps. Chez nous, nous avons tendance à le rendre extensible ! Mais quand même sous d'autres cieux un dirigeant ne peut faire plus de deux mandats qui cumulées font 8 ans.
Il y a eu des avancées sur le plan des libertés c'est indéniable. Mais, depuis ces deux dernières années nous avons aussi assisté à des régressions. Les prisonniers du 1er mai, les affaires liées aux nouveaux médias (Mourtada et Erraji) pour ne citer que celles-là.
Mais sur le fond, le pouvoir est tjrs concentré entre les mains du roi. Alors transition démocratique je veux bien mais la transition est censée avoir un horizon et pour le cas du Maroc, j'ai peut-être raté un épisode, mais je ne le vois pas.
Et puis pour moi le vrai travail qu'il faut mené quand on cherche réellement à moderniser un pays et le mener vers des pratiques démocratiques c'est d'abord et avant tout L'APLHABETISATION. On n'y échappera pas quoi qu'on dise quoi qu'on fasse. C'est un passage obligé. Quand je vois le taux d'analphabétisme chez nous je me dis qu'on est loin du compte.
Oui, mais au moins pour les femmes, la transition est bouclée ... vous avez eu votre Moudawana, la nationalité pour vos gosses et je sais pas quoi d'autre ... Les marocaines, toi inclue, ne peuvent pas dire qu'elles n'ont pas été les premières servies ?
Pour commencer, ma vision de la société est une vision d'ensemble. Il faudra que et les hommes et les femmes puissent être égaux dont les droits et les devoirs. Car je ne vois pas comment une société peut aspirer au développement alors qu'elle traite 50% de ses composants (hommes ou femmes d'ailleurs) comme une sous catégorie. C'est comme si une personne s'"empute" ou relègue volontairement aux oubliettes une jambe et chercher à avancer avec une seule. C'est sûr que cette personne pourra avancer. Mais la question est : à quel rythme et à quel prix ? Dans un monde où on voit que les autres carburent...
La boucle est bouclée. Je ne crois pas on vient de dire "besseme lallah" ! D'autant que la machine judiciaire traine les pieds pour appliquer cette nouvelle moudawana. Faire évoluer les lois c'est bien. Reste à faire évoluer les mentalités chargées de les appliquer. Et ça c'est une autre paire de manche.
Sans oublier qu'il reste encore du chemin pour que les femmes puissent avoir la place qui leur revient dans notre société.
Quant à la nationalité. On a réparé une injustice qui causait des drames. C'est salutaire mais au fond je dirai que c'est la moindre des choses vis-à-vis de ces enfants qui sont aussi marocains que vous et moi.
Est ce que tu te sens plus concernée par ce qui se passe à l'hexagone oulla au Maroc ?
Je suis concernée par les deux. Ce qui se passe dans les deux pays a un impact sur ma vie. Je suis citoyenne marocaine et la moitié de ma petite famille y vit. Sans parler de la grande famille. Et ce qui se passe en France m'impacte aussi puisque j'y vis.
Si tu devais un jour en finir avec ton statut de MRE ... tu préférerais devenir "une française" oulla rentrer au Bled ?
MRE cette étiquette ce sont les autres, en l'occurrence l'administration, qui nous la colle. Je dirai que je ne m'en formalise pas. Et elle ne me dérange pas je ne vois donc pas pourquoi je chercherai à en finir avec. En outre, à force de bouger, de changer de lieu de résidence et de manières de voir le monde, je ne me sens pas complètement chez moi ni au Maroc ni en France ni nulle part ailleurs !!! J'ai fini par me construire un chez moi à l'intérieur de moi-même. Et ça me va comme ça..
Et puis faire des choix par rapport à des aspects qui touchent à mon indentité je suis complétement contre. Je ne peux réduire tout ce que je suis au seul aspect marocain ni à celui français. Je suis plusieurs choses à la fois et je compte bien préserver cette "pluralité" et l'enrichir autant qu'il m'est possible de le faire.
Enfin, on peut être de nationalité française et vivre au Maroc ou ailleurs. L'un n'empêche pas l'autre.
Politiquement parlant tu t’identifierais comment ?
je suis foncièrement social-démocrate. Que ce soit au Maroc ou en France aucun parti politique ne m'attire. Ce qui n'arrange pas les choses c'est la langue de bois assommante dans les sphères politiques des deux pays. Mais je reste sympatisante des partis de gauche.
Parce qu'il y a encore des partis de gauche en france ou au Maroc ? Que ce soit le PS ou l'USFP, ne sont t-ils pas gravement atteints ? À moins que tu ne sois fan de la gauche révolutionnaire genre LCR ou GSU ?
Ta question est assez tranchée ! Des partis de gauche il y en a encore. Ce n'est pas parce qu'ils traversent une mauvaise phase qu'on va les enterrer. La fin du communisme les a mis à mal, toutefois, je ne doute pas qu'ils finiront par se redresser. Mais, je t'avoue que le spectacle qu'ils offrent actuellement que ce soit le PS ou l'USFEP n'est absolument pas réjouissant. Cette guéguerre des chefs est affligeante alors que les précoccupations des populations sont ailleurs et plus terre à terre. Le pire dans l'histoire c'est que la situation économique et sociale leur est favorable mais malgré cela ils perdent les élections. C'est déroutant !
Quant à la LCR et GSU ce n'est vraiment pas mon genre. Mais alors là pas du tout. Je n'apprécie guère les positions radicales quel que soit le domaine ou le sujet sauf quand il s'agit de la dignité humaine.
J'apprécie les interventions de Besancenot dans la presse c'est un bon orateur. Son discours est tjrs bien articulé. Mais ça s'arrête là. Car il faut lire leurs programmes. Ca ne m'emballe pas du tout bien au contraire. D'ailleurs, quand la LCR s'est transformée en parti politique "le parti anticapitaliste" je suis tombée des nues. Ce discours en France me laisse bouche bée. C'est à se demander s'ils ne sont pas au courant que le communisme a été "testé" en URSS qu'il n'a pas marché, que le mur de Berlin est tombé depuis 20 ans, que le monde s'est métamorphosé. Ils me scotchent avec cette capacité qu'ils ont de rester dans un discours des années 60... Mais, bon ça s'explique par l'histoire de la France et leur attachement à la notion de l'égalité qu'ils confondent allégrement avec l'équité.
Dernière question ? Le Maroc en 2020 ? Tu l'imagines comment ?
Meilleur j'ose espérer ! Plus équitable et plus démocratique. Où le mérite l'emportera sur les passe-droits et les privilèges. Amen.
Le p’tit truc rapide sur Une Marocaine
L'homme politique de l'année? Une réponse un peu space : j'ai envie de dire la crise financière devenue économique car mieux que tout elle a démontré avec brillo l'importance du politique dans une société. Durant ces 30 dernières années les adeptes du tout économique ont tout tenté pour nous démontrer l'inutilité des politiques et la prééminence de l'économie. Mais, quand la maison a pris feu ces mêmes adeptes du tout économique se sont retournés vers les politiques, qu'ils méprisaient et méprisent tjrs !, pour leur éviter l'abîme au nom d'une solidarité inversée...
Le pire ? La classe politique marocaine sans exception. Je ne veux pas faire de jaloux ! De ma p'tite fenêtre je trouve qu'il n'y en a pas un pour rattraper l'autre...
L'homme de l'année 2008 ? Ma réponse est très personnelle c'est mon père. Il a survécu à son opération.
La femme de l'année.. Les femmes palestiniennes. Ce sont une véritable leçon de courage.
Le blogueur de l'année Tous les blogueurs arabes emprisonnés.
Ton meilleur post? Celui que je n'ai pas encore écrit...
Citoyen marocain appartenant a la génération d'après AL Massira, je n’ai connu qu’un Maroc indépendant, qu’un Sahara Marocain, qu’un Benberka assasiné et que des policiers moustachus. Mon premier acte politique a été d’accompagner mes parents aux urnes en 1989 (j’avais 10 ans) pour un referendum. Ma mère, voulant parfaire mon éducation de citoyen, avait trop insisté pour avoir les deux bulletins (le « oui » et le « non ») et pouvoir choisir le "oui" en toute liberté dans son isoloir. Mon père, notable d’une petite ville, a vite compris, au regard horrifié de toutes les personnes dans cette salle de classe traansforé en bureau de vote, que le cours de citoyenneté serais reporté sine die. Il pioche le « oui », en le glissant dans une enveloppe, en le jetant dans l’urne, le tout devant les applaudissements des présents. Ma mere a vite compris qu'elle devait en faire de meme. Depuis, la politique me passionne, sa pratique me dégoute…